EVENEMENT / Retour sur la conférence sur la laïcité en Moselle

A l’occasion de la journée de la laïcité du 9 décembre, l’espace Jean Burger, association d’éducation populaire et de formation militante créée par les communistes de Moselle avait invité Pierre OUZOULIAS vice-président PCF du Sénat pour aborder ce sujet. C’est dans le cadre remarquable du grenier de Chèvremont du musée de la Cour d’Or de Metz que se déroulait cette dixième initiative de l’association. La Moselle est encore placée sous le régime concordataire, comme les deux départements alsaciens : l’Etat rémunère les ministres des cultes catholique, protestants et israélite, des cours de religions sont encore dispensés à l’école.

Julien Rock, porte-parole du PCF Moselle et professeur d’histoire-géographie a ouvert les débats en rappelant le recul de la laïcité dans notre pays et les attaques portées régulièrement par le chef de l’Etat. S’agissant de l’héritage de l’Histoire, il a rappelé la distinction à faire entre le droit social particulier héritage de mouvement ouvrier de l’époque allemande et le régime concordataire aboli en 1905, quand l’Alsace Moselle était rattachée à l’Allemagne. Cette confusion est volontairement entretenue par les forces de droite qui ne veulent pas toucher au concordat.

Roland Rouzeau, syndicaliste enseignant, a montré la construction historique de la laïcité dans notre pays et son lien étroit avec l’histoire de la République.

Pierre OUZOULIAS a rappelé l’émergence de la loi du 9 décembre 1905, qui puise sa source dans le temps long de notre histoire, sous des formes différentes entre pouvoir politique et spirituel et donc, in fine , de la séparation du politique et du religieux.  Le principe de laïcité est un pilier essentiel de notre démocratie. Il pose les grands principes qui définissent la laïcité telle qu’elle s’applique aujourd’hui dans notre pays : liberté de conscience et de culte, séparation de l’Église et de l’État, neutralité de ce dernier en matière religieuse, ce qui lui impose de ne reconnaître aucun culte et de n’en salarier aucun. Le principe de laïcité a ensuite acquis une valeur constitutionnelle avec la Constitution de 1946, laquelle reconnaît, grâce à l’adoption d’un amendement du député communiste Étienne Fajon, le caractère indivisible, laïque, démocratique et sociale de notre République. Près de 4 millions de citoyens vivent encore en dehors de cadre dans des collectivités territoriales qui ne respectent pas ce principe !

Le débat a montré la volonté des participants, porteurs de sensibilités diverses, de faire avancer la laïcité en Moselle et d’aller vers l’extinction du concordat comme le demandent les militants laïcs. Ainsi un enseignant, catholique pratiquant, a témoigné et dit partager cette exigence de sortir l’enseignement de la religion du champ scolaire. La situation du Luxembourg a été évoquée, ce pays voisin sortant progressivement d’un situation concordataire sans conflits. Cela est donc possible.

Sortir les heures de religion de l’emploi du temps scolaire peut être une première étape, la participation aux cours de religions recule et est devenu minoritaire selon Roland Rouzeau. Pour Pierre Ouzoulias, il est impératif d’associer République laïque et République sociale pour porter une réelle ambition d’émancipation parlant à l’ensemble de la population contre des discours clientélistes qui contribuent à fractionner notre pays.

Cette rencontre sera suivie d’une publication et d’initiatives politiques pour rassembler toutes les forces disponibles pour sortir progressivement du régime dérogatoire des cultes et faire avancer la laïcité.

L’espace Jean Burger, par la réussite de cette initiative, a montré la possibilité de rassembler par le débat des forces progressistes diverses.

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