Un film consacré au groupe Mario, réseau mosellan de résistance communiste au nazisme, est actuellement diffusé en salles avant une diffusion prochaine à la télévision. Son réalisateur, Dominique Hennequin, a bien voulu nous présenter le sens de ce projet.
Vous venez de produire un film, groupe Mario, une résistance oubliée, pourquoi cet intérêt pour la résistance communiste en Moselle annexée ?
D. Hennequin: Je m’intéresse à l’Histoire de ce territoire et de ce département qui a connu un destin singulier lors des deux conflits. Je souhaitais depuis longtemps faire un film sur le groupe Mario, totalement oublié de nos livres d’Histoire et qui n’a, selon moi, jamais été intégré à la mémoire nationale.
Le fait qu’il soit communiste a sans doute été le principal frein à cette reconnaissance dans un immédiat après-guerre marqué par la guerre froide. Rappelons qu’il faudra 40 ans pour que le Parti Communiste Clandestin (appelé après-guerre groupe Mario) soit reconnu comme groupe de Résistance.
Quels obstacles avez-vous rencontré ?
D. Hennequin: Il fallait trouver les archives fixes ou animées pour illustrer un film de 52’. J’ai été bien aidé par les associations, les prêts de particuliers ce qui nous a permis de faire revivre cette époque.
Que retenez-vous de ce travail, de ces témoignages?
D. Hennequin: Je trouve ces hommes et ces femmes d’un incroyable courage. Il faut imaginer ce que vivre sous le Troisième Reich signifiait. Se lever contre le régime nazi, c’est un peu comme enlever son voile sous le régime des mollahs à Téhéran, il faut avoir des convictions chevillées au corps! Et ils restaient incroyablement modestes, ce qui les rend encore plus attachants.
Portez- vous désormais un regard différent sur cette période ?
D. Hennequin: Depuis que je travaille sur cette période, j’ai mieux compris ce qu’avait été l’enfance de mes parents et les angoisses de mes grands-parents dans cette période troublée. On ne peut que se projeter, s’identifier.
