En lutte pour le développement du fret en France
Le 26 septembre, plus de 150 personnes étaient rassemblées devant la Préfecture de Moselle à Metz pour protester contre les attaques menées actuellement sur le fret ferroviaire. Les communistes ont répondu présent à l’appel lancé par la CGT cheminots de la région. Pierre Laurent, secrétaire régional du syndicat, a été reçu avec ses camarades par des représentants de la Préfecture, à qui il a pu transmettre les demandes de la CGT : des investissements publics importants dans le fret ferroviaire, la fin de la mise en concurrence dans ce secteur, pour des raisons sociales et écologiques.
En effet, sur injonction de la Commission Européenne et au nom de la concurrence libre et non faussée, notre pays a l’obligation de céder une partie des activités de fret gérées par la SNCF à d’autres acteurs, privés et/ou étrangers. Bien sûr, ces attaques de l’Europe capitaliste sont soutenues et relayées avec zèle par le gouvernement français.
Au moment où la crise économique, sociale et environnementale impose de changer de modèle, cette mise en concurrence va à rebours des bonnes décisions à prendre. Les travailleurs de la SNCF doivent être écoutés, et nous sommes solidaires de leur lutte. Les communistes exigent que l’activité de fret ferroviaire reste sous contrôle public, au service d’une véritable planification économique et écologique.
Dans la région Grand Est, une ouverture à la concurrence appétissante pour le secteur privé
Suite à ce rassemblement, les manifestants et les syndicalistes ont marché jusqu’à l’hôtel de région, où ils demandaient à être reçus dans le cadre d’un autre dossier brûlant : l’ouverture à la concurrence des lignes de TER de la région. Pour chacune d’elles, des entreprises vont pouvoir postuler et la région en retiendra une pour exploiter la ligne.
D’après nos informations, le dernier conseil d’administration de la SNCF a décidé de postuler pour un ensemble de lignes du Grand Est… Mais pas au nom de la SNCF comme groupe public. En effet, le groupe qui postulera sera un consortium constitué de Kéolis (filiale privée de la SNCF, qui n’a pour le moment d’activité ferroviaire) et du groupe Eiffage (entreprise de BTP, qui n’a aucune expérience dans le secteur des transports).Le montage financier à l’oeuvre est révélateur : il ne s’agit plus de faire des transports régionaux un vecteur d’égalité sociale et territoriale, mais bien de le vendre à la découpe au profit de groupes capitalistes qui entendent en retirer de juteux profits.
Face à cette situation ubuesque, il serait légitime que les cheminots puissent faire entendre leur voix : il n’en a rien été. La présidence de la région n’a en effet pas répondu à la demande d’audience formulée par la CGT cheminots. Pourtant d’après nos informations, en plus de la demande officielle formulée par la CGT, les Renseignements Généraux (RG) ont bien prévenu les dirigeants de la région : ignorer une demande dont on a eu connaissance à deux reprises révèle une forme de mépris envers les travailleurs qui, chaque jour, font vivre le secteur du transport ferroviaire.
Nous exigeons la fin de la libéralisation du secteur des transports : les TER doivent être gérés par un grand groupe public au service de l’intérêt général, et non par des groupes avides de rentabilité. Pour ce faire, les communistes proposent de refaire de la SNCF une grande entreprise publique, unique, et intégrée, sortie de la logique du marché en tant que bien essentiel à la Nation.
